Indica, sativa, hybride : l'étiquette ne raconte que la moitié de l'histoire
Les trois mots affichés en rayon viennent d'une querelle botanique du XVIIIe siècle, pas de la pharmacologie. Voici ce qu'ils peuvent honnêtement dire, et ce qu'il faut lire à la place.
Une querelle botanique du XVIIIe siècle
Le vocabulaire vient d'un différend taxinomique dans l'Europe du XVIIIe siècle. Linné catalogue en 1753 le chanvre des champs européens sous le nom de Cannabis sativa. Trois décennies plus tard, Lamarck examine des spécimens venus d'Inde et les juge assez différents pour justifier une seconde espèce, Cannabis indica. Les botanistes débattent depuis lors de la pertinence de cette séparation.
Ce que ces deux noms décrivaient, c'était la plante, non l'expérience. Les types indica passaient pour bas, denses et à folioles larges ; les types sativa pour hauts, aérés et à folioles étroites, avec une floraison plus longue. Ce sont des indications de port et d'origine géographique. Ni l'un ni l'autre ne disait quoi que ce soit de la chimie de la résine, et aucun n'a jamais été conçu comme une prévision de l'effet ressenti.
Ce que des décennies d'hybridation en ont fait
Puis vint un siècle de circulation des semences et, à partir des années 1970, un croisement délibéré à l'échelle industrielle. Presque tout ce qui se trouve aujourd'hui en rayon est un hybride sur de nombreuses générations, avec des parents issus des deux types morphologiques et souvent de populations déjà mélangées. Les lignées pures, au sens que suggèrent les vieilles étiquettes, relèvent de la curiosité.
Les analyses génétiques et chimiques d'échantillons commerciaux aboutissent régulièrement au même constat : la mention indica ou sativa retenue par un vendeur prédit mal l'ascendance réelle d'une plante, et plus mal encore sa teneur en cannabinoïdes et en terpènes. Deux produits portant un nom de variété identique, cultivés par des producteurs différents, peuvent diverger nettement sur les deux plans. Le nom voyage ; la génétique et la chimie ne suivent pas toujours.
L'étiquette, c'est la catégorie de rayon. Le certificat d'analyse, c'est le produit.
Les chémovars, le cadre qui porte une vraie information
Le cadre le plus utile est celui du chémovar, parfois appelé chémotype, qui classe les plantes selon ce qu'elles contiennent réellement. Le schéma standard distingue trois types : le type I est dominant en THC, le type II présente un rapport THC/CBD à peu près équilibré, le type III est dominant en CBD avec des traces de THC seulement. Cette seule distinction en dit plus sur ce que l'on tient en main que n'importe quelle taxinomie de rayon.
Vient s'y superposer le profil terpénique, ces composés aromatiques qui donnent son odeur à un lot et qui varient fortement d'un lot à l'autre sous un même nom de variété, selon la génétique, les conditions de culture et la façon dont la fleur a été séchée et affinée. Autour de tout cela se tient ce qui ne dépend pas de la plante : la dose, la voie d'administration, la tolérance de la personne et le contexte dans lequel elle se trouve.
Une précaution s'impose ici. Aucune règle fiable ne relie une étiquette, ni même un chémovar, à un résultat prévisible pour un individu donné. Tout ce qui est dit de la façon dont un produit est vécu relève de l'expérience rapportée, ce que les consommateurs décrivent couramment, et non d'une propriété vérifiée de la marchandise. Ces énoncés ne sont pas évalués par les autorités et ne constituent en aucun cas des allégations de santé.
Ce qu'il faut lire à la place
- Le THC total et le CBD total, relevés sur le certificat d'analyse du lot plutôt que sur l'emballage.
- Les trois terpènes majoritaires en pourcentage, qui décrivent le profil aromatique bien plus précisément qu'un nom de catégorie.
- Le format du produit et la dose qu'une prise unique délivre réellement.
- Vos propres notes écrites sur ce que vous avez déjà essayé, tenues honnêtement et régulièrement.
- L'identifiant de lot, car le même nom de variété sur un autre lot est en pratique un autre produit.
Rien de tout cela ne rend les vieux mots inutiles. Indica, sativa et hybride sont des repères de rangement commodes ; ils donnent une structure à une pièce remplie de bocaux, et les vendeurs ne trichent pas en les employant. Ils sont simplement le résumé le plus grossier possible d'un tableau chimique compliqué, et les ennuis commencent quand on les prend pour une spécification plutôt que pour un système de classement.
Le conseil pratique, lui, ne change pas avec l'étiquette. CaliBudSupply ne vend qu'à des adultes ayant l'âge légal d'achat, 21 ans et plus là où nous expédions. Commencez bas et allez lentement avec toute nouveauté, quoi qu'annonce le bocal ; ne conduisez pas et n'utilisez pas de machines ; n'associez pas à l'alcool ; et gardez les produits sous clé, hors de portée des enfants et des animaux. En cas de grossesse, d'allaitement ou de traitement médicamenteux, parlez-en d'abord à un médecin. Les règles diffèrent selon les marchés : consultez notre page de conformité pour savoir ce qui s'applique chez vous.
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